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GRANVILLE : La Monaco du Nord fête les travailleurs de la mer.

Le casino au pied de la Haute Ville

Granville et Monaco ont en commun d’être perchées sur un rocher face à la mer, ce qui a valu à Granville le surnom de Monaco du Nord.
Mais outre la géographie, les deux villes partagent également un trait d’histoire commun : le fait d’avoir été dirigée par le même homme, Jacques IV de Matignon, gouverneur de Granville devenu Prince de Monaco…
En effet en 1715, c’est avec l’accord de Louis XIV que le Prince Antoine 1er de Monaco qui n’avait eu que des filles, choisit pour perpétuer son sang et son nom de trouver un époux de haute naissance à son aînée Louise Hyppolite.
La seule condition à ce mariage que le futur époux accepte d’abandonner son nom et ses armes pour prendre ceux des Grimaldi.
Ainsi donc le gouverneur de Granville devint-il prince de Monaco !

Mais au delà de ce trait d’histoire, Granville possède une longue et riche tradition de port de pêche que vient à propos nous rappeler le désormais traditionnel Festival des Voiles de la Mer qui se déroule sur cinq des derniers jours de la fin du mois d’août.
Outre qu’elle est une coquette station balnéaire normande située face au Mont Saint-Michel, Granville est toujours un très actif port de pêche (premier port bulotier de France).
Mais ce qui fit la fortune de Granville c’est la pêche au large et plus précisément la pêche à la morue sur les Grands Bancs de Terre Neuve qui, durant quatre siècles ravitailla en poisson salé l’Europe entière.
Une activité qu’elle partagea avec Saint-Malo, Cancale, Fécamp, La Rochelle…
L’explication en est qu’à l’époque, pour des raisons de pratiques religieuses, il était imposé un jeûne – entendez par là une interdiction de consommer de la viande – 150 jours par an !
Voilà donc qui permit de développer à Granville cette intense activité de pêche au large qui vit encombrer son port de pêche jusqu’à 150 terre-neuviers avant le grand départ donné chaque année le 15 février en direction des eaux froides et poissonneuses de Terre-Neuve.

 

C’est donc cette grande tradition que veut perpétuer Granville qui sert fièrement de port d’attache au Marité, le dernier des trois mâts terre-neuviers.

Le Marité à quai


Granville c’est aussi la pêche côtière – toujours bien vivante – avec comme témoin historique La Granvillaise, une bisquine reconstruite à l’identique de ces bateaux surtoilés qui pêchaient notamment les huîtres et sont également à l’origine des régates.

Le port de pêche

Préparation de la morue

Cette année, à nouveau, le public a pu apprécier le travail de transformation du cabillaud en morue (vidage, tranchage, salage…) par les derniers témoins de l’association Mémoire et Tradition des Terre-neuvas.
Egalement cette année plusieurs grands voiliers étaient de la fête autour des emblématiques Marité? et Granvillaise : la Não Victoria, reproduction de la caravelle espagnole de 26?m qui effectua le premier tour du monde avec Magellan et l’Oosterschelde l’Oosterschelde, un trois mâts cargo hollandais de marchandises, long de 50?m et construit en 1917.
Bien entendu le Festival est l’occasion de déguster les divers produits de la mer : bulots, huîtres de Normandie, poissons divers dont la fameuse friture de lançons !

Friture de lançons

Et pour prolonger le plaisir, une visite s’impose à la villa les « Rhumbs », la maison familiale où Christian Dior passa son enfance.
C’est de là qu’il tire une bonne part de son inspiration.

Maison d’enfance de Christian Dior

Chaque été une exposition est consacrée à ce grand créateur de mode et jusqu’au 24 septembre « Aux sources de la légende » fait écho à la fastueuse exposition du Musée des Arts Décoratifs à Paris qui célèbre les 70 ans de la maison de couture.

Crédit photos : Olivier THIBAUD

LE SITE : Granville

Commentaires (1)

  • Olivier THIBAUD

    La Não Victoria accomplit le premier tour du monde en 1522.
    La Victoria faisait partie, avec quatre autres navires, d’une expédition espagnole placée en 1518 sous le commandement du Portugais Fernand de Magellan pour découvrir la route occidentale vers les îles aux épices. Cette petite flotte quitta Séville en août 1519. La Victoria fut la seule à boucler le tour du monde. Magellan ayant été tué aux Philippines en avril 1521, c’est sous le commandement de Juan Sebastián Elcano, l’un des cinq capitaines de l’expédition, que le navire revint en Europe en septembre 1522.
    Cette expédition fut une véritable hécatombe puisque seule une dizaine de marins – sur la soixantaine embarquée – termina l’expédition…

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