Nelson Angelo Piquet 

Il est né le 25 Juillet 1985 à Heidelberg en Allemagne, mais c’est bien d’un jeune brésilien dont nous parlons et malgré son jeune âge, Nelson Angelo Piquet a déjà une longue carrière derrière lui.

Nelson passe ses huit premières années dans le sud de la France. En 1993, le bambin va rejoindre son père (le triple champion du monde de Formule Un Nelson Piquet) au Brésil pour y débuter une carrière en karting. Précoce et talentueux, le jeune Nelson remportera en 2002 le championnat sud américain de F 3 avec seulement quatre courses à son actif.
Déjà, le jeune homme porte son regard vers la vieille Europe et à 17 ans, il quitte son Brésil pour s’installer en Angleterre afin de poursuivre sa carrière. En 2003, il s’attaque au fameux championnat anglais de F 3000 et dès la première année, Nelson termine cinquième.
Il faudra attendre 2004 pour le voir sacré Champion de ce championnat à Brands Hatch après une saison particulièrement compétitive : cinq pôles position, six victoires, sept autres podium et onze tours les plus rapides.
Dans le milieu des courses automobiles, on reconnaît déjà en Nelson un grand pilote avec un style de conduite rapide, intelligent, réfléchi et cela aussi bien sous la pluie que sous le soleil.
La Formule Un a dĂ©jĂ  un Ĺ“il sur lui : fin 2003 et dĂ©but 2004, Nelson fera quelques tours d’essai avec l’écurie BMW – Williams, dĂ©but 2005, il pilotera le temps d’un essai une voiture BAR Honda. 
Mais le bouillant Nelson a envi d’autre chose, il veut connaĂ®tre le sport automobile, tout le sport automobile. 
En 2005, il participe à un tout nouveau championnat : les GP2 Series. Antichambre de la Formule Un, les courses de GP2 se déroulent la veille des Grands Prix sur le continent Européen. Victime de plusieurs problèmes mécaniques, Nelson ne peut malheureusement pas exprimer pleinement son talent. Il ne termine que la moitié des courses de la saison. Cependant, il trouve le moyen de se faire remarquer lors de la course qui se déroule à SPA en Belgique en terminant premier sous une pluie battante !
La course automobile voit arriver un nouveau championnat durant l’hiver : le A1 Grand Prix. Ce nouveau championnat se court par nation et non par écurie comme en Formule Un. Chaque nation aligne deux voitures. Nelson est fier de représenter le Brésil dont il arbore les couleurs.
Décembre 2005, Nelson participe aussi à la Course des Champions qui se déroule au Stade de France près de Paris. Pour le jeune brésilien, toute expérience nouvelle est enrichissante et il répond présent à tous avec une incroyable énergie.
Janvier 2006, on découvre Nelson au volant d’une Aston Martin pour les Mil Milhas, course d’endurance réputée au Brésil… que son équipe remportera !
Février 2006, Nelson doit arrêter de piloter pour l’A1 Grand Prix afin de préparer sa seconde année de GP2 avec son écurie Piquet Sport.
Un petit tour du côté du Mans en Juin 2006 où il retrouve avec bonheur une Aston Martin et le voilà de retour pour la fin du championnat des GP 2 Series. Jusqu’à la dernière course il dispute le titre de champion du monde à Lewis Hamilton. Finalement, le jeune brésilien doit s’incliner et termine second.
Septembre 2006, un certain Flavio Briatore annonce l’arrivée de Nelson Angelo Piquet au sein de l’écurie championne du monde de Formule Un. Troisième pilote Renault pour 2007, Nelson entre dans la cour des grands et rêve sûrement déjà à une carrière aussi brillante que celle de son père. Ironie du sort, c’est auprès de Flavio, à l’époque avec l’écurie Benetton, que Nelson Piquet avait quitté la Formule Un en 1991… et c’est auprès de Flavio que Nelson Angelo fait ses premiers pas en Formule Un. La boucle serait-elle bouclée ?
Alors, Nelson Angelo, étranger au paradis ? Pas si sûr.
Voici une interview que Nelson a bien voulu accorder à Homactu juste après la fin de la saison de Formule Un, retour sur son championnat de GP2, sa participation aux dernières 24 Heures du Mans et petit détour sur sa personnalité.

Tu as terminé second au championnat pilotes de GP2 2006, quels ont été tes meilleurs moments de cette année ?
Il y a eu pas mal de bons moments pour moi cette année. Pour commencer, nous avons réalisé la pole position et avons remporté la toute première course de la saison à Valence ce qui a été fantastique pour un début. Plus tard, mon meilleur week end a été en Hongrie où j’ai été le premier pilote de l’histoire du GP2 à réaliser les deux pôles position, le tour le plus rapide pour les deux courses et les deux premières places sur le podium. Ca a vraiment été un moment très spécial. (NDLR – chaque course de GP2 se court en deux courses, une le samedi après midi et une le dimanche matin)

Si tu n’avais qu’une seule course à refaire, laquelle choisirais-tu ? Pourquoi ?
Ce serait la course sur le circuit d’Hockenheim et je demanderais à mon équipe de vérifier qu’il y a assez d’essence pour passer la ligne d’arrivée !

Ton écurie, Piquet Sports, va-t-elle poursuivre sans toi ?
Bien sûr, ils seront présents dans le championnat de GP2 en 2007.

A 21 ans tu as déjà un beau palmarès en sport automobile. Tu as notamment participé aux championnats de F 3000, A1, GP2, endurance avec les Mil Milhas et les 24 H du Mans, c’est important pour toi d’être polyvalent et de connaître plusieurs disciplines du sport automobile ?
Je pense que c’est très important d’être polyvalent. J’ai toujours saisi toutes les opportunités qui se sont offertes à moi, il y a tant de choses à apprendre à piloter des voitures différentes et à travailler avec des équipes différentes. Toute expérience est enrichissante.

Peux-tu nous parler de ta première participation aux 24 H du Mans de cette année ?
Ca a été une expérience fantastique et je suis très fier que notre équipe ait terminé la course quand on sait combien cette épreuve est physiquement difficile pour les pilotes. L’équipe a fait un excellent travail de préparation sur l’Aston Martin. Ca a été un soulagement de franchir la ligne d’arrivée malgré les soucis rencontrés les dix dernières minutes de la course. J’ai terminé la course avec la cinquième vitesse car c’était la seule qui me restait ! Les 24 Heures du Mans c’est magique et ça a été quelque chose de fabuleux pour moi. J’ai vraiment aimé. Notre équipe a terminé dans les dix premiers et c’est génial, surtout quand on sait que cette course d’endurance est la plus difficile au monde et que nous n’étions qu’une petite équipe privée.

Tu as participé à la Course des Champions l’année dernière au Stade de France où tu représentais le Brésil, vas-tu le refaire cette année ?
C’est une manifestation originale et je la referai avec plaisir si on m’invite à revenir cette année.

Tu seras troisième pilote Renault en 2007, comment s’est passeé ta rencontre avec Flavio Briatore ?
Je connais Flavio depuis un certain temps parce qu’il connaît mon père. En fait, la dernière course de Formule 1 que mon père a faite était avec Flavio et Benetton, et aujourd’hui, je suis avec Flavio pour mes premiers pas en Formule 1… quelle histoire étrange non ?

Fin Septembre, tu as fait tes premiers essais sur le circuit de Silverstone, que penses-tu de la voiture ? Comment se sont passés tes premiers contacts avec l’équipe ?
C’est vrai qu’il y a des similitudes entre une voiture de GP2 et une Formule Un. Toutes les deux comportent pas mal d’électronique par exemple… mais j’ai encore beaucoup à apprendre. Ce premier test a été positif pour moi. Je me suis surtout concentré sur le pilotage de la voiture et j’ai fait connaissance avec l’équipe. J’ai réalisé les tours les plus rapides des deux dernières journées d’essais et ça a été formidable pour moi. J’attends les prochains tests avec impatience pour poursuivre mon apprentissage.

Comment vois-tu ta future collaboration avec Heikki Kovaleinen et Giancarlo Fisichella ?
Je suis impatient de travailler avec eux. Je connais Heikki car nous venons tous les deux du GP2 et Giancarlo est un pilote très expérimenté. Je suis sûr que je vais apprendre beaucoup de choses à leur contact pendant les tests.

Être pilote essayeur pour une écurie championne du monde est certes fantastique, mais la course et la compétition ne vont-elles pas te manquer ?
C’est sûr que ça va me faire bizarre dans les premiers temps parce que depuis l’âge de 8 ans, ce sera la première fois que je ne ferai pas de compétition. Mais il y a tellement de travail à faire pour moi et tellement à apprendre que je vais me concentrer un maximum sur les tests.

Tu parles français, penses-tu que cela va favoriser tes futurs contacts avec les fans de Renault en France ?
J'espère que oui ! J'espère surtout que les gens continueront à supporter leur équipe et leurs nouveaux pilotes comme ils l'ont si bien fait ces dernières années,

Par la mĂŞme occasion, connais-tu un peu la France ?
J'ai vécu jusqu'à l'âge de 8 ans dans le sud de la France et j'y retourne régulièrement puisque ma mère y réside toujours. Je me sens comme chez moi en France,

La Formule 1 a-t-elle toujours été ta passion ?
J'ai toujours aimé la course automobile et je connais la Formule 1 grâce à mon père. Je crois que j'ai commencé à regarder les courses à l'âge de 8 ou 9 ans. J'aime toutes les courses automobiles mais mon ambition a toujours été la Formule 1.

A quel champion de Formule 1 aimerais-tu ressembler ? Pourquoi ?
J'ai beaucoup d'admiration pour mon père parce que je sais combien il a travaillé pour mener à bien sa carrière et devenir trois fois champion du monde mais je voudrais seulement ressembler à moi-même.

Quel est ton opinion sur le championnat de Formule 1 de cette année ?
Je l'ai trouvé passionnant avec une fin fantastique puisqu'à la dernière course, au Brésil, Renault a remporté le championnat des constructeurs et Fernando celui des pilotes.

Que penses-tu des débutants de la saison comme Nico Rosberg, Scott Speed ou Robert Kubica qui a fait son premier podium à Monza au bout de trois courses seulement ?
Je trouve ça génial qu'une nouvelle génération de pilotes talentueux arrivent en Formule 1. En plus, ils font un excellent boulot.

Pilote automobile, ce n’est pas un métier comme les autres. Il y a beaucoup de tension comment fais-tu pour gérer le stress ?
Je pilote depuis que je suis gamin alors pour moi le stress c'est naturel, j’ai l’habitude. Avant la course j'aime bien m'isoler pour me concentrer et me calmer,

Tu es né à Heidelberg en Allemagne, mais tu as grandi au Brésil. A quel âge es-tu retourné au Brésil et où as-tu grandi ?
J’ai vécu en France avec ma mère jusqu’à l’âge de 8 ans puis je suis parti pour Brasilia au Brésil rejoindre mon père. Je suis resté là-bas jusqu’à l’âge de 17 ans puis je suis parti en Angleterre pour faire le championnat anglais de F3000. J’ai toujours considéré le Brésil comme ma patrie parce que c’est le pays où j’ai le plus vécu et où j’ai le plus de souvenirs.

Ta vie entre les pays, les circuits ne te laisse guère le temps de t’installer, de te faire des amis. Ce sens de la solitude, comment le supportes-tu à 21 ans ?
Je ne me sens pas seul. J’ai pas mal d’amis et de contacts dans le milieu des courses parce que c’est là que j’ai grandi. Et puis je vais voir ma famille aussi souvent que je le peux. Cette vie est la mienne et je ne pense pas passer à côté de quoi que ce soit. Nous, pilotes, faisons des choses que tout le monde ne fait pas et nous sommes heureux de les faire, et puis nous vivons des expériences uniques, nous découvrons des pays, nous rencontrons des gens, cette vie est passionnante.

As-tu un entraînement physique particulier ?
Oui, de nos jours c’est très important d’être en forme pour un pilote parce que piloter une Formule 1 c’est très physique. J’ai un entraîneur qui m’accompagne aux tests et sur les grands prix et entre chaque événement je suis un entraînement spécial.

Quelles sont d’après toi les 3 principales qualités que doit posséder un pilote de formule 1 ?
Concentration, détermination, rapidité.

Quelle est ta principale qualité ? et ton principal défaut ?
Je suis très déterminé et je travaille dur. Pour mes défauts ? Demandez à mes amis.

Es-tu sociable ou solitaire ?
Je suis très sociable et je pense que beaucoup de brésiliens le sont aussi. Nous aimons passer de bons moments avec nos amis.

Quel métier aurais-tu voulu faire si tu n’avais pas été pilote automobile ?
Je n’imagine même pas ce que j’aurais pu faire d’autre que piloter une voiture de course, je suis bien trop impliqué dans le sport automobile. Peut-être aurais-je pu diriger une écurie de course ou devenir responsable du marketing… en sport automobile !

Comment vois-tu ta carrière dans 10 ans ?
J’espère être champion du monde de Formule Un.

Aimerais-tu, à un certain moment de ta carrière, passer de l’autre côté et devenir team manager ou pourquoi pas, propriétaire d’une écurie de Formule 1 ?
Je pense que ça pourrait être intéressant mais ça me semble un si long chemin pour y parvenir. Avant tout, je dois me concentrer sur ce que je fais aujourd’hui et être un excellent pilote.

La vie de tes rĂŞves ?
Celle que je vis aujourd’hui !

Interview réalisée par Nathalie Verney pour homactu
Tous nos remerciements à Rebecca Banks sans qui cet interview n’aurait pas pu être réalisé

11/ 2006 © homactu.com   CrĂ©dit photo: piquetsports.com.br