HOM collection Swim Eté 2007

HOM lance sa première « Collection Piscine ». Une matière et un design spécialement étudiés pour le confort, le bien-être et le maintien dans la performance. Cette nouvelle collection séduira les sportifs en quête d’originalité et de nouveauté. Adeptes de la « chaise longue et du bronzing » s’abstenir …
MAB, Marc Antoine Barrois un destin tout tracé…
À seulement 23 ans, Marc Antoine Barrois (MAB) a déjà fait ses preuves dans le milieu de la mode. Après avoir côtoyer les plus grands noms de la Haute Couture il vole aujourd’hui de ses propres ailes. Rencontre d’un parcours et d’un personnage hors du commun !
Comment as-tu commencé ta carrière dans le stylisme ?
C’est un concours de jeune créateur, auquel j’ai participé quand j’avais 19 ans, qui m’a véritablement lancé. J’ai rencontré Dominique Sirop (grand nom de la Haute Couture) qui m’a tout de suite fait confiance. Certainement une histoire de feeling… ou peut être parce que je n’avais pas fait d’école de mode, ni de stylisme, ce qui m’apportait peut-être un peu plus de maturité ! Je m’inspirais principalement de ce qu’il y avait autour de moi, de l’élégance que j’avais pu observer dans ma famille.
Cette innocence était donc un atout ?
Oui… Il y avait une autre vision des choses… Découvrir tout un monde avec des yeux émerveillés. Cela dit, j’ai très vite eu des responsabilités importantes. Je suis devenu très rapidement le premier assistant de Monsieur Sirop ! Il fallait donc assumer derrière ça et mes études d’Ingénieur de math sup’ me donnaient ce sérieux. Ces études m’ont beaucoup apporté quand j’ai dû faire de la gestion d’entreprise.
Tu es arrivé à 19 ans sur Paris ?
Oui… Je suis d’abord rentré en atelier. À la base c’était simplement un petit stage pour découvrir ce que c’était et au bout de 15 jours, M. Sirop a demandé à me voir et c’est comme ça que je suis descendu travailler au studio avec lui. Mon stage s’est terminé au mois de juillet et il m’a rappelé en septembre pour me dire que son assistant était parti et qu’il en cherchait un nouveau. J’ai bien sûr accepté… ça a tout de même été compliqué de combiner avec mes études d’Ingénieur qui se poursuivaient en parallèle à Lille. J’avais pas mal de boulot mais ça me permettait de poursuivre mes études et de vivre mon rêve.
Tu te rends compte que ça a tout de même été très vite !
Oui… Mais ça n’est pas toujours très facile quand on est tout neuf et qu’on ne connaît pas grand-chose. Même M. Sirop a été surpris de choses que je ne connaissais pas. Ça a été très dur au début… Il fallait vraiment apprendre tout le protocole de la maison de couture Givenchy, maison de couture dans laquelle il a évolué pendant 11 ans.
Tu crois donc à ces facteurs : » Travail – Rencontre – Chance » ?
C’est vraiment le travail qui d’abord, apporte beaucoup. Les rencontres, qui apportent tout par la suite, parce que c’est vrai que seul on n’avance pas. Tous les gens que je rencontre m’apportent quelque chose. Même une rencontre dans un arrêt de bus peut changer ma vision d’un dessin. Et la chance aussi, forcément… Rencontrer les bonnes personnes au bon moment !
Tu as toujours été passionné par la mode ?
Toujours… C’était d’abord le dessin. Je dessinais beaucoup de dames en train de danser, beaucoup de mouvements. Mes dessins se sont très vite portés vers les vêtements masculins parce j’avais cette admiration d’un bel homme bien habillé ; ça ne rime pas forcément avec costume trois pièces… mais une élégance d’un port altier chez un homme, qu’on voit de plus en plus version sportwear. Je recherche l’élégance… L’élégance dans le vêtement reflète aussi l’élégance dans les manières. Je pense que c’est quelque chose qu’on offre aux autres…
Tu customisais tes fringues quand tu étais plus jeune ?
Oui… J’ai commencé par broder mes mouchoirs. Je faisais des petites dames de Madagascar, puis mes initiales, etc. ça me plaisait parce que c’était facile à faire et que je récupérais dans les chutes de tissus de ma mère qui était couturière.
L’environnement t’a quand même beaucoup aidé à trouver ta voie ?
C’est vrai que c’est ma mère qui m’a appris à coudre… avant que les choses ne s’inversent ! Maintenant, c’est moi qui ai tendance à lui donner des conseils… Elle travaille d’ailleurs avec moi. C’est génial de se dire » elle m’a tant appris, à mon tour de lui apprendre un peu de choses « .
Tu te souviens de ta première collection ?
Oui. En sortant de chez M. Sirop, j’ai rencontré quelqu’un sur Lille qui cherchait à faire de l’événementiel mode et développer beaucoup de projet autour de la mode. Il m’a proposé d’organiser quelque chose et mon côté professionnel est ressorti… J’ai voulu faire une collection complète, que j’ai signé simplement Marc Antoine Barrois. Les réactions étaient plutôt positives…Ça m’a donné une certaine assurance pour poursuivre dans cette voie.
Tu as bossé chez Hermès aussi…
Avant de commencer ma troisième collection, j’ai bossé chez Hermès… Alors là ça a posé des problèmes que je fasse mes collections à côté. En fait je ne leur avais rien dit de mes collections jusqu’à ce que le journal du textile fasse une pleine page sur moi et forcément, comme on le recevait toutes les semaines… Ça n’a pas dérangé pour le côté créatif mais plutôt du côté des directrices. On a beaucoup parlé et finalement ça s’est bien terminé ! Hermès m’a vraiment permis de voir le prêt-à-porter de luxe, de voir comment ça fonctionnait ! Quand j’y suis rentré on m’avait dit » vous savez, vous êtes ingénieur, c’est un stage de styliste, vous allez être certes, au côté de Jean-Paul Gaultier mais vous n’allez pas faire grand-chose ! » J’ai répondu que le simple fait de le côtoyer et de voir comment il travaillait, allait m’en apprendre beaucoup ! Ça s’est d’ailleurs vérifié !
Sur quelles matières travailles-tu ? Tu te fixes des limites dans les prix?
Je travaille avec les meilleures pour arriver à quelque chose de correct. La seule folie que j’ai faite, c’est d’avoir travaillé avec du cachemire. J’ai fait un pantalon en cachemire et soie… Un homme qui va dans des boutiques de luxe peut se permettre d’acheter un pantalon à 800 euros parce qu’il a les moyens. Derrière ça, les pantalons n’excèdent pas les 250 – 300 euros. Le tissu m’a inspiré le pantalon. Je préférais le faire, quitte à ne pas le vendre ! J’ai aussi travaillé des matières très féminines comme le satin de soie, mais je l’ai travaillé sur l’envers pour donner un tissu plus masculin. Les conforts de porté sont fantastiques. J’ai travaillé la soie sur le pantalon, le bermuda, la veste. Côté masculin à l’extérieur, et complètement soyeux à l’intérieur. On retrouve des matières qui volent, on retrouve une élégance dans une coupe qui est très américaine
Tu aimes bien féminiser les hommes…
J’ai toujours vu l’homme comme quelqu’un de frustré de se dire » pourquoi je ne pourrais pas avoir un vêtement à la fois masculin et à la fois super confortable. » Sinon, oui, j’ai toujours fait des kilts… Et les matières que j’utilise sont très féminines. Cela dit, je ne vois pas l’homme en jupe pour le premier vêtement qu’il porterait !
Tu travailles aussi sur des vêtements plus » communs » comme le jean ?
Bien sûr, mais j’essaie de le travailler différemment. C’est une toile de coton blanche, d’abord enduite en doré et ré enduite couleur jean. On pourra ainsi, voir ressortir le doré. J’ai envie et besoin de trouver des matières surprenantes. Si je souhaite apporter l’élégance à l’homme, j’ai aussi envie que ce soit confortable, surtout pour le prêt-à-porter.
Comment es-tu passé de Marc Antoine Barrois à MAB ?
À vrai dire, je n’avais pas vraiment étudié la partie marketing de la chose au début. Mes premiers défilés se faisaient sous le nom de Marc Antoine Barrois. En y réfléchissant et en ayant envie de me différencier, je me suis vraiment plus porté sur MAB. Ce sont mes initiales. Il faut être dans l’ère du temps. Ce n’est pas parce que toutes les marques portent un nom que je dois faire la même chose et je trouvais ça plus facile à retenir, plus facile à imprimer. Je trouvais que ça correspondait plus à ce que je faisais.
Où trouves tu l’inspiration ?
Beaucoup les voyages… Surtout cette collection puisque c’est une période de ma vie où j’ai beaucoup voyagé, toujours entre Paris et Milan. J’aime l’idée de grignoter des idées à droite, à gauche.
Cette nouvelle collection est très lumineuse ?
Je l’expliquerai par le fait d’être en Italie depuis six mois, car depuis le mois de janvier, il fait 30 degrés là-bas ! C’était très facile d’exprimer le soleil ! Mais à côté de ça, je fais aussi travailler mon imagination parce que je ne suis pas du tout allé dans le nord de l’Afrique ces 6 derniers mois et pourtant j’avais vraiment envie d’avoir cette inspiration de quelqu’un qui voyage. C’est-à-dire que j’imagine un mec qui doit se rendre à un cocktail à Marrakech par exemple et je me pose la question de savoir comment il pourrait s’habiller là-bas, pour le cocktail. C’est vraiment ce qui m’inspire pour la Haute Couture, ce que je vais présenter en Septembre.
Est-ce que tu peux être inspiré par un visage ?
Sur de la femme, oui beaucoup plus. En général les habits féminins que je fais correspondent à des femmes que j’ai rencontré et qui m’ont inspiré.
Comment tu qualifierais cette nouvelle collection ?
Une collection plutôt chic cocktail… D’une élégance nouvelle recherchée, d’une élégance de quelqu’un qui recherche à être unique. Même dans le prêt-à-porter qui cherche à être spécial, différent. Je ne pense pas qu’on puisse le retrouver partout…
Tu as toujours un crayon et des feuilles blanches sur toi ?
Oui, j’ai toujours un crayon et un bloc. Je me pose et je gribouille un peu. Je le redessine bien sûr. Parfois c’est juste un triangle et deux pieds qui représentent un mouvement ! Parfois une simple fleur peut m’inspirer un mouvement. Quand on me demande si je suis les tendances, je réponds non, mais je suis tout de même alerte de ce qu’il y a dans la rue. C’est important d’être curieux.
Quel conseil pourrais tu donner à de jeunes créateurs ?
Il faut faire ce métier par passion et ne pas perdre de vue le fait qu’au bout du chemin on va partager quelque chose de super. Il ne faut surtout pas oublier qu’on fait ce boulot pour les autres. Un jeune créateur qui débute, ce n’est pas le nom de ton école qui te fera, c’est le fait d’être alerte, toujours ouvert aux autres… Mais il faut surtout de la persévérance !
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Marc Antoine Barrois
Interview réalisée par Aurélien en juillet 2007 |






















