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Kenzo homme printemps été 2009

Les Mille et Une Nuits… 

Le Grand bazar
Le garçon était connu pour être un solitaire. Il passait ses journées dans les profondeurs labyrinthiques du souk, à vendre ce qu’il pouvait, ferraille ou bric à brac. Le monde semblait se presser autour de lui en un torrent exotique de sons, de couleurs et d’odeurs. Il s’habillait avec la nonchalance d’un voyageur : de larges chemises dans des cotonnades diaphanes, des shorts amples qu’on aurait dits cousus à la main et taillés dans des pantalons à pinces, des gilets doublés trop larges et des « hauts » en jersey dont les capuches le protégeaient du soleil brûlant. Il ne portait rien qui soit près du corps. Ses sandales lui montaient à la cheville. Tout ce qu’il possédait était rassemblé dans un immense sac de peau avec une courroie de cuir tressé. Il protégeait son regard du monde derrière des lunettes en écaille décorées de pièces anciennes et de clochettes. La nuit, en contemplant les étoiles, il rêvait de s’évader de son environnement sordide et s’interrogeait : le lieu indiqué sur la carte que lui avait donnée le vieux mendiant aveugle existait-il vraiment ? C’était le début du chemin qui menait à un endroit magique et merveilleux, le palais des rêves, où tous les voeux étaient exaucés. Pour s’y rendre, avait prévenu le vieillard juste avant sa mort, il fallait traverser l’impitoyable désert, et seul l’élu était destiné à y parvenir…

Nuits arabes
Le garçon traversait le désert à cheval. C’était comme parcourir les profondeurs de l’enfer. Le soleil brûlant le frappait furieusement, brutalement. Pour se protéger, il s’était drapé dans plusieurs étoffes, des chemises d’une étoffe arachnéenne d’un blanc opalin à motifs floraux, une bouillonnante tunique blanche à boutons dorés, une veste cintrée taillée dans une seule pièce d’étoffe, et un dhoti de voile de coton blanc resserré aux chevilles. Il avait également drapé un tissu de soie ivoire autour de sa tête. Ce nomade solitaire se fondait dans le paysage, telle une goutte infime dans cet océan de sable. Il sentait qu’il approchait du but, mais doutait d’y arriver jamais…
Le onzième jour de son odyssée, au coucher du soleil, il se passa quelque chose de magique. Au fur et à mesure que sombrait le soleil, il était inondé de couleurs étranges et panachées, et ses vêtements commencèrent à se transformer. Ils s’assombrirent peu à peu, jusqu’à prendre une teinte éclatante de terre d’ombre brûlée aux éclats dorés. Quand hurla le vent froid de la nuit, il lui sembla entendre des voix. Le garçon eut l’impression d’être dans un rêve.

Le Palais des rêves
La grande salle de bal du palais était une exubérante célébration de couleurs et de beauté. Les invités étaient resplendissants, vêtus dans des teintes de vert émeraude, d’ocre lumineux, de magenta intense, de bleu royal, de turquoise et d’or bruni. Leurs tenues reflétaient l’opulence du cadre. C’était un fracas étourdissant de floraux aussi riches que des joyaux, de madras, de tissages artisanaux rayés et de brocards romantiques. Tailles et costumes étaient bordés de tourbillons de broderies richement ornées. Des vestes à col Nehru étaient luxueusement décorées de panneaux brodés et de pièces anciennes. Les chemises étaient cousues de fragments floraux imprimés en bloc. Des patchworks de tricot dans des dessins kaléidoscopiques côtoyaient brillamment des djellabas en jersey bordées d’or. Des coiffes compliquées scintillaient à la lueur d’un million de bougies. Les pieds étaient ornés de chaussures éclatantes, assemblage de lanières de peaux exotiques colorées. De son trône, le prince observait les festivités. Il avait trouvé le palais des rêves.
Texte d’inspiration de la collection Kenzo homme printemps été 2009

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