Vous êtes ici:Accueil » Mode » Mode homme » Fashion week Paris, mode homme été 2010, l’élégance sans carcan à l’ordre du jour

Fashion week Paris, mode homme été 2010, l’élégance sans carcan à l’ordre du jour

Le public des défilés de prêt-à-porter masculin pour l’été prochain a quitté samedi les berges de la Seine pour les rives du fleuve Congo, emmené par le styliste de Kenzo, Antonio Marras, sur les traces de l’explorateur Pierre de Brazza.

Le créateur sarde a été séduit par cet homme pacifique, Italien naturalisé Français qui explora la rive droite du fleuve Congo à la fin du XIXe siècle. « C’était un homme extraordinaire » qui « respectait les Africains », a-t-il souligné après le défilé.

Antonio Marras évoque cet « explorateur au grand coeur » qui « combat l’exploitation coloniale » avec un vestiaire d’aventurier élégant, riche en confortables pantalons à grandes poches, amples bermudas, costumes à la coupe impeccable mais légèrement froissés, vestes à motif camouflage. Il porte aussi des jeans comme maculés par des traînées de sable et chemine dans le désert avec de grands sacs.

Les couleurs semblent fanées par le vent et le soleil du désert, se déclinant en nuances de sable, beige, gris, kaki, écru, rose pâle. Même les imprimés végétaux au dos des vestes paraissent sur le point de s’effacer.

Des matières techniques se conjuguent au coton, au lin, au raphia dans la garde-robe de cet homme « toujours un peu dandy qui porte des cravates, des écharpes, des chaussures très élégants, dans le désert aussi », explique Antonio Marras.

Des bouteilles remplies de sable accrochées le long du parcours des mannequins se sont renversées et vidées lors de leur ultime passage, sous les applaudissements d’un public conquis.

Chez Yohji Yamamoto aussi, l’élégance s’est débarrassée de ses carcans. « C’est le retour à l’essence » de la griffe, « une collection très élégante qui reste décontractée, à la fois avec de belles matières et toujours des coupes amples », explique-t-on dans l’entourage du créateur japonais."Ça reste le vestiaire traditionnel de Yohji Yamamoto, avec des formes confortables, mais avec beaucoup de détails, d’élégance ».

Les variations concernent les cols, les boutons, les longueurs. Des pantalons semblent classiques mais à y regarder de plus près, ils sont resserrés à la cheville, les jeans ont des fronces à la taille, ou des poches sur le côté, ou une braguette en biais.

A la différence de beaucoup de créateurs qui commencent par dessiner leurs modèles, Yohji Yamamoto commence par le tissu, prêtant une attention particulière aux matières. Son vestiaire fait la part belle aux mélange de soie et de laine d’été, mais aussi au coton, au cuir lavé pour des vestes d’aspect froissé.

La palette des couleurs décline des noirs, bleus, gris, blanc.

En raison de la crise économique, la griffe avait décidé cette saison de ne pas défiler, préférant réaliser des économies en présentant sa collection dans son show-room.

Chez Hermès, dans un esprit bohème de luxe, l’été s’annonce sans souci, les mains dans les poches, en pantalon à l’ourlet retroussé et chemise en twill de soie reprenant des imprimés de carrés de la maison, en fin cardigan de cachemire. Des coupes-vent en veau, des blousons en agneau, ou en soie et lin, réchaufferont les soirées un peu fraîches.

Les costumes sont un peu froissés, les cravates-foulards se font lâches autour du cou, les pieds se glissent dans des nus-pieds, des mocassins, des espadrilles.

La créatrice Véronique Nichanian décline ce vestiaire dans des tonalités discrètes de gris, bronze, taupe, chocolat, marine, blanc, à l’exception de quelques pièces vert pomme.

Les défilés se poursuivent dimanche avec notamment les collections de Lanvin et Dior Homme.

© AFP 1and1

Laisser un commentaire

Retour en haut de la page